Autour de la dédicace du 1er avril 2010 à la librairie Vauban (Maubeuge)

14 avril 2010

Comment mon livre est accueilli dans ma région autour de Maubeuge ? Le titre et l’objet ne surprennent pas, connaissant mes engagements dans le syndicalisme et la politique, ainsi que mon habitude d’argumenter. Par contre, en feuilletant le sommaire et la liste des références, beaucoup me demandent comment de temps j’ai mis pour un tel travail. De l’ordre de 5 ans est ma réponse. Lorsque la discussion s’engage, j’explique que le projet s’est progressivement établi consécutivement à un texte de 2002, intitulé « Transformation du travail et projet alternatif ». Il a été écrit suite aux interrogations consécutives à l’élection présidentielle désastreuse pour la gauche (2ème tour entre Jacques Chirac et Le Pen) et le PCF (Robert Hue à 3,4%). Cet événement a été vécu par beaucoup de militants syndicaux comme la sanction logique d’une incapacité de la gauche à faire vivre un projet de société construit sur les attentes du monde du travail. La décision du livre intervient plus tard en 2005, constatant le besoin de favoriser le débat sur le projet de transformation de la société dans la foulée du référendum sur le Traité Constitutionnel Européen. Ensuite, l’échec de la gauche à la présidentielle de 2007 puis la grave crise du capitalisme depuis 2008 n’ont fait que confirmer qu’il fallait aller jusqu’au bout du projet.

Depuis la parution, j’ai eu diverses conversations avec des personnes ayant acheté le livre. Plusieurs collègues de travail sont intéressés à rentrer dans le sujet, conscient que les enjeux actuels de société appellent une critique du capitalisme et surtout d’avoir un cheminement pour la recherche de solution. Un passage de l’introduction en ont interpellé plus d’un, lorsque je critique le pragmatisme. L’incompréhension provient d’une thèse philosophique courante, prétendant le pragmatisme comme l’antidote de l’idéologie. Ma réponse explique que s’en remettre au pragmatisme revient à inscrire son action dans les logiques de l’état existant de la société, dont les présupposés forment les idéologies influant sur les idées de chaque personne, qu’elle en est conscience ou non. Lorsque l’on veut se projeter pour une alternative au capitalisme, il faut donc disposer d’une conception théorique, fondée sur une critique des idéologies de légitimation de l’état existant. Ainsi, on dispose d’un guide permettant d’agir pour des choix de ruptures, certes avec l’exigence de confronter en permanence ses conceptions aux faits et des résultats de la pratique, qui sont toujours les véritables tests de validation de la théorie.

Parmi les personnalités politiques locales, les amis de ma sensibilité m’ont très naturellement témoigné de leurs félicitations, sachant aussi que le contenu du livre est loin d’être l’interprète d’une politique officielle du PCF. Plusieurs élus socialistes, dont monsieur le maire de Maubeuge, sont venus à la dédicace, exprimant leur envie de mieux comprendre le fond de mes convictions. Ils savent que les différences de conception que j’ai avec leur courant politique ne sont pas traitées dans un esprit de polémique. Leur curiosité est aussi la reconnaissance que le sujet d’une véritable politique de gauche les interpelle. Un journaliste local a titré « Réformer le Capitalisme » l’article sur la présentation de mon livre, ne se rendant pas compte que se prononcer pour une Alternative au Capitalisme n’a pas le même sens. Ce contresens en dit long sur les idées confuses de beaucoup de citoyens sur le sujet de comment construire un changement de la société.

Louis Mazuy

Le 9 avril 2010

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s